18/12/2011

Rodes : Un homme de coeur, un être généreux

Attaché au plus profond de son être à la terre qui l'a vu naître, il connaissait son histoire depuis des temps ancestraux. Il était fier de sa terre, le massif n'avait aucun secret pour lui ; le moindre lieu, roc, correc, il les citait nommément avec le respect qui se doit, chaque lieu avait un nom lié, toujours, à une belle histoire.

Cette terre il la respirait avidement, elle habitait tout son être, à travers le massif c'était l'histoire de ses ancêtres qui venait jusqu'à lui, alors qu'enfant il parcourait les pentes abruptes qui le conduisaient sur les terres familiales pour ramener le bois sec, ramasser les olives. C'était un bain dont il avait besoin tous les jours, c'était en parcourant ce massif, le plateau, qu'il se ressourçait. Lorsqu'il percevait un intérêt des "forasters" pour sa terre, alors, il était intarissable sur ces lieux envoûtants pour l'étranger, qui écoutant jusqu'au silence regardait vivre les ancêtres de ces lieux par le truchement d'un regard vers les orris, les fexes, les correcs. Le moindre roc avait une belle histoire (roc de la lloca, roc del corb).

Le CERES (Comité d'entretien et de restauration écologique des sentiers) ne serait pas, si sentant un intérêt respectueux pour sa terre, il n'avait livré généreusement son histoire au fil des découvertes en parcourant ces lieux. C'était un adhérent de la première heure. Alors qu'il a senti un intérêt certain pour ces lieux habités d'histoire, il entreprit de nous prendre par la main et nous faire découvrir les sentiers, les lieux-dits plus ou moins enfouis sous la végétation. Avec réticences, il admit quelques panneaux en bois vernis pour indiquer aux futurs randonneurs les grands axes de la vie agropastorale du massif jusque-là parcourus par les chasseurs.

Le feu d'août 2005 a été une aventure douloureuse extraordinaire, nous touchions de près cet envoûtant lieu d'histoire. Il nous a alors entraînés dans des lieux magiques, des constructions en pierres sèches qui nous racontaient la vie d'alors. Ce fut passionnant. Aujourd'hui, malgré notre désir de maintenir ces lieux à ciel ouvert, maints d'entre eux sont à nouveau sous la végétation. C'est aussi une protection pour les générations futures, qui comme nous grâce à Pierre Baudet, découvriront la vie agropastorale de ces lieux, dure sans doute, difficile, mais une vie authentique.

Pierre, au nom des adhérents du CERES nous te remercions pour ta générosité de coeur. L'important ce ne sont pas les friches du massif, c'est l'histoire des lieux qui nous attache à la vie, aux habitants de ces lieux ancestraux que l'on devine fiers, courageux, respectueux de leur histoire.

Le CERES reconnaissant à Pierre, notre guide, parti trop tôt.

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