30/04/2013

Bélesta : Aux journées de la céramique

Le vendredi 3 mai, ce sera la mise en place des diverses expérimentations contemporaines ou archéologiques ouvertes à tous. Chacun pouvant réaliser à titre personnel ou en groupe une intervention de son choix autour de l'art céramique. Début de la construction du Katagama (four papier de l'association). Réception des pièces à cuire jusqu'à 12 h. L'après-midi, suite de la construction individuelle et collective des fours, précédant une conférence à la salle polyvalente dès 18 h sur "Le four médiéval B - sa vie, sa mort, sa fouille…". Samedi 4 mai, toute la journée, démarrage des cuissons individuelles à partir de 10 h. La soirée se poursuivant autour des fours, apéritif enflammé à 19 h. Dimanche 5 mai, de 10 h à 13 h, défournements successifs commentés et partage des expériences de cuissons. A partir de 15 h, démontage des fours. Durant ces trois jours, profitez-en pour vous rendre à Bélesta. Accueil sur l'espace archéologique, visites guidées du site, présentation des fours et des expérimentations, ventes des poteries de l'association. Le midi, repas tiré du sac. Pour dormir, la mairie de Bélesta vous propose un camping (2 euros la nuit par personne) et des emplacements pour les camping-cars et les fourgons (5 euros la nuit par emplacement). Pour tous renseignements complémentaires, contacter Perrine au 06 50 32 15 14 ou ajceramique@laposte.net.

Rodès : L'atelier rodésien de peinture ouvert ce week-end

Dans le cadre des journées Ballade en Terre d'Artistes, l'atelier sera ouvert au public, les samedi 4 de 14 h à 19 h et dimanche 5 mai de 10 à 19 h. Au cours de ces journées, les peintres exécuteront, au moins en partie, une toile devant le public. Les œuvres de l'année seront exposées dans les 2 salles de la Maison des Arts, place Major, à Rodes.

26/04/2013

Bélesta : Quelle fête pour le musée !

A l'occasion des trente ans d' une formidable découverte archéologique sur la commune et des vingt ans de la création du château-musée, le village a connu l' effervescence des grands jours.

villages du roussillon,bélesta,grotte,chateau-musée,protohistorique,jc marquet,tarek kuteni,jean guilaineLe musée est le fruit d'une extraordinaire découverte. En effet, en mars 1983, les habitants, recherchant de l'eau pour leurs troupeaux, découvraient dans une grotte, une sépulture collective datée de - 4 500 avant J.-C. Fouillée par Françoise Claustre (directeur de recherche au CNRS), le site a livré aussi les restes de l'habitat des divers occupants de la grotte durant plus de 6 000 ans. C'est ainsi que huit mètres de sédiments ont conservé des témoignages de leurs activités (reliefs de repas, foyers, tissage, élevage, etc.).

Un plongeon dans la préhistoire

Aussi à l'occasion des trente ans de cette découverte, le week-end dernier, et des vingt ans du château musée, le village s'est trouvé en pleine effervescence. Un peu partout, des passionnés, des sympathisants ou simple archéologues en herbe. L'objectif était clair, il s'agissait de se plonger dans l'esprit et le monde de l'époque. Au programme donc, des jeux découvertes et un déjeuner "protohistorique". Aux manettes, le président J.-C. Marquet et le directeur du musée, Tarek Kuteni, mais aussi et surtout les passionnés de toujours : les bénévoles et professionnels qui font prospérer le site. Pour débuter cette journée de fête et plonger encore une fois dans le quotidien d'un homme de la protohistoire, un déjeuner de l'époque était proposé le samedi à midi. Cuisine à la mode préhistorique et dégustation façon Cro-Magnon. Fourchettes et couteaux étaient à proscrire. Au menu, cailles cuites dans un trou en terre, des légumes chauffent dans une marmite en terre cuite accompagnés d'hydromel et de bière, à quelques mètres une femme explique les outils et la manière de vivre à cette époque. Plus loin, un petit groupe se dirige vers la grotte pour écouter le guide leur expliquer la découverte et ses conséquences : "Bienvenue à Bélesta. Ici le temps s'est arrêté. Nous sommes dans la grotte préhistorique de la commune, non loin du château musée, dans les magnifiques paysages entre Agly et Têt". La célébration de cet anniversaire s'est poursuivie, l'après-midi, autour du musée et dans tout le village avec des ateliers préhistoriques, pour vivre le quotidien de cette époque : taille de silex au travers du temps ; allumage du feu, sans allumettes ni briquet ; céramique : fabrication ; chasse au trésor : initiation à la chasse préhistorique ; parure préhistorique : réalisation de bijoux, de vêtements.

Une saga de plus de vingt ans.

La fabuleuse histoire de la saga du musée a débuté en 1993. Créé, à la suite de la découverte de la grotte, dans l'objectif de promouvoir et de sensibiliser tous les publics à l'histoire du site et à la préhistoire en général, mettant en scène de manière ludique et esthétique les découvertes archéologiques, installées dans l'ancien château médiéval du village qui a fait portes ouvertes et gratuites ce week-end pour découvrir sa nouvelle exposition de Jean Guilaine (ci-dessous à droite), archéologue de la protohistoire "Des pays de l'Aude à la Méditerranée". Il y avait du monde, beaucoup de monde, le lendemain, à l'occasion de la conférence "Archéologie de la Méditerranée néolithique" par l'archéologue reconnu internationalement, Jean Guilaine, pour ses travaux et ses publications, l'homme qui a donné ses lettres de noblesse à la période néolithique, cette mutation capitale dans l'histoire humaine.
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Calce : Plein cadre sur le tournage du "Silence d'un enfant" à Baixas et Calce

villages du roussillon, calce, silence d'un enfant, angel ramos, lindependant, C'est le début des vacances de Pâques pour les écoliers de Baixas, un mercredi pas comme les autres pour Joan, Jules et leurs copains qui passent trois jours sur le tournage d'un court-métrage dont ils sont les héros : "Le silence d'un enfant". Une belle expérience cinématographique pour ces gamins qui ont des étoiles plein les yeux et dont les rires résonnent dans le petit village de Calce.

Un projet cher au réalisateur Angel Ramos qui sur le tournage se dépense sans compter et dévoile le scénario. "C'est une histoire inventée, qui se passe il y a quelques années dans un village paisible. Un jeune garçon âgé d'à peine 10 ans, (Jules), disparaît tragiquement sans jamais être retrouvé. Cette disparition n'a jamais été élucidée, mais son âme erre dans le village bien que personne ne l'ait jamais vue. Pourtant, d'après les rumeurs, un tueur sévit et des phénomènes étranges se produisent. C'est Sacha (Joan) qui va découvrir ces drôles de phénomènes", explique Angel Ramos.

Clap de fin

Les scènes ont été tournées à Calce mais aussi à Baixas, dans leur classe, avec leur enseignant. Les gamins découvrent les métiers du cinéma et en véritables professionnels, ils répètent depuis le début d'après-midi une scène du film puis, Angel passe derrière la caméra et annonce : "Cette fois, c'est du sérieux". Marco, le premier assistant lance aux enfants : "Prise, silence, moteur, action !".

Au bout de la huitième prise, Angel s'écrie : "Coupez, cette fois c'est dans la boîte, c'est la bonne". Angel et son équipe ont bouclé la première partie du film. "C'est une expérience riche humainement. Les gamins, ce n'est pas si difficile que cela", sourit le réalisateur. Clap de fin sur la place du village qui s'est remplie de curieux. Les artistes en herbe repartent la tête pleine de souvenirs. Place aux vacances, avant de retourner sur les bancs de l'école.

21/04/2013

Cassagnes : Une convention pour la salle polyvalente

villages du roussillon, cassagnes,hermeline malherbe, guy ilary, claude alibert projet structurant salle polyvalenteHermeline Malherbe, avec Guy Ilary (à gauche) et Claude Alibert (au centre), présente le projet. PHOTO/© D.R

La commune a souhaité mettre à la disposition des habitants un nouvel espace d'animation, de réunion et de loisirs, à travers la création d'une salle polyvalente et sportive pour les associations du village, nouveau lieu de vie et de cohésion sociale. Hermeline Malherbe (PS), présidente du conseil général et Guy Ilary, conseiller général du canton de Latour-de-France, étaient aux côtés de Claude Alibert, maire, pour la concrétisation de ce projet structurant. Pour Hermeline Malherbe, ces travaux permettront de favoriser le développement futur du village avec "une politique de proximité que le conseil général tient à préserver par l'aide aux communes, ici, sous la forme d'une subvention sur quinze ans de 168 615 euros". Hermeline Malherbe concluait en signifiant "qu'il fallait, outre les obligations conventionnelles du conseil général, savoir garder des marges de manœuvre pour participer au développement des communes". Et de préciser que "faire vivre de tels projets relève d'un souci d'équité et de justice sociale, pour une construction territoriale équilibrée entre les villes et les campagnes".villages du roussillon, cassagnes,hermeline malherbe, guy ilary, claude alibert projet structurant salle polyvalente

19/04/2013

Bélesta : A l’occasion des 20 ans du musée ce week-end, son directeur, J.-C. Marquet, revient sur ces deux décennies passionnantes

villages du roussillon,bélesta la frontière,jean claude marquet,musée de bélesta,f.p. vialaneixJ.-C. Marquet devant la photo de la grotte de Bélesta découverte en 1983. Une photo exposée au musée comme les nombreux ossements ou poteries d’époque.

Jean-Claude Marquet est le directeur du musée depuis 2011. A 74 ans pile-poil, ce Ballestruc de souche (« je suis le dernier produit de Bélesta d’avant-guerre ») aux moustaches tourbillonnantes a hérité de la passion de son... fils pour l’archéologie. «Jean-François avait 14 ans quand l’équipe de Françoise Claustre s’est intéressée à notre grotte. Il y est reste jusqu’à ses 21 ans. Chaque moment libre, il était occupé à fouiller ». Du coup, Jean-Claude allait le chercher, regardait le travail des archéologues, était en contact avec eux et c’est comme ça «que mon fils m’a transmis sa passion ». Alors le jour où, en 2001, il a été question pour la commune de reprendre les choses en main (voir par ailleurs), on a fait appel à J.-Claude, retraité des douanes. Et l’aventure perdure depuis !

Jean-Claude, pouvez-vous nous raconter la genèse de la découverte de la grotte?

L’aventure commence en mars-avril 1983 lors de la découverte de la grotte dans le massif calcaire, route de Montalba, par les habitants du village. La municipalité de l’époque et le maire Louis Baills demandent aux spéléologues du Conflent d’explorer la grotte. Ils creusent une première fois et tombent sur des salles où ils trouvent quelques ossements. On fait alors appel à Françoise Claustre* pour qu’elle donne un avis scientifique sur cette mise à jour.

«Double intérêt scientifique»

Au vu des découvertes qui ont été réalisées à Tautavel quelques années auparavant, elle n’est pas particulièrement enthousiasmée. Les spéléologues continuent à creuser (plus ils descendaient et plus ils remontaient dans le temps) et aperçoivent une sorte de chatière qui les amènera à trouver une sépulture collective datée de - 4 500 avant JC qui se trouvera être la plus ancienne tombe collective du Midi. On remontera alors plusieurs poteries et des ossements correspondants à 32 individus jeunes, parfois très jeunes même si l’espérance de vie à l’époque n’était que de 40 ans. Il y a donc un double intérêt scientifique à cette découverte: la première est qu’effectivement c’est la plus ancienne tombe communautaire en grotte du Languedoc-Roussillon au tout début du Néolithique et qu’avec les 8 mètres de sédiments qui ont été retirés, on sait que la grotte a été occupée du Néolithique au Moyen âge.

Comment réagit alors la population?

On est euphorique. Surtout qu’à cette époque-là, il faut savoir que la viticulture ne se porte pas bien. Qu’ici c’est essentiellement un bassin de viticulteurs et qu’on voit bien l’intérêt pour Bélesta d’avoir fait ce type de découverte. Mais à cette époque, tout ce fabuleux trésor est stocké dans une salle de l’école, parfois à même les cartons. Suite aux recommandations de la DRAC, le maire décide de le garder à Bélesta et acquiert l’ancien château médiéval. Des travaux de réhabilitation sont lancés en 1988 (pour 1,8 M€ financés par l’état, les collectivités locales et le village) et le 27 juin 1992, le musée ouvre ses portes au public.

Et plus de 20 ans après, vous fêtez ça.

Et comment. On fait quand même venir LE spécialiste du néolythique J. Guilaine. D’autres animations viendront égayer ce week-end comme la visité gratuite du musée, le repas et des animations préhistoriques... (voir encadré). Recueilli par F.-P. Vialaneix

« Ce serait dommage de fermer le musée »

De 1992 à 1996, le musée est géré par l’Association pour la sauvegarde et la valorisation de Bélesta (présidée par Y. Biles). De 1996 à 2001, le 2e gestionnaire est le Pôle d’économie du patrimoine de la Vallée de la Têt (EPIC) qui a aussi la gestion des orgues d’Ille, du musée de St-Michel-de-Llotes, de la tour de parfum de Mosset... En 2001, devant la difficulté financière de ce Pôle («un trou de 800 000 euros») la sous-préfète de Prades, Mme Bidegain, convoque les différents maires composant l’EPIC et leur demande de reprendre en main les différents sites. Les municipalités comblent le trou au prorata du nombre des habitants et créent des régies municipales pour chaque site.

Sauf pour Bélesta. «A l’époque, Henri Demay alors maire d’Ille, me propose de monter une association pour avoir des subventions et le maire de Bélesta, à l’époque Gilbert Bourniole me demande de m’en occuper. Ce que j’accepte de faire avec l’archéologue Valérie Porra-Kuteni qui m’aide alors à monter les dossiers et à les défendre. Depuis, chaque année, je me fais des cheveux blancs car pour faire tourner ce musée, il faut un budget de 100000 euros. Si le conseil général nous en octroie une grande partie (avec aussi l’aide de la Région, de la DRAC et de Pays d’arts et d’histoire de la Vallée de la Têt), il faut se battre pour être à flot. Car le jour où nous ne pourrons plus, ce serait vraiment dommage de fermer un tel site... ». A bon entendeur ! 

Programme de ce week-end préhistorique, samedi 20 et 21 avril, au château-musée.

Samedi, A 12h, repas expérimental préhistorique devant la grotte (réservation indispensable): participation 25 €. A 14h, visites commentées de la grotte préhistorique.
A 15h30, animations préhistoriques (démonstrations) salle polyvalente du village. Visites libres gratuites au château-musée.
A 18h, dégustation et visite du chai Riberach: participation 5 €.
A 20h : repas gastronomique (thème néolithique) au restaurant La Coopérative: 55€€ (réservation au 0468503010) : repas préhistorique au restaurant chez Pierre le Figuier: 25 €(réservation au 0468845270).

Dimanche A 10h30, conférence par J. Guilaine «Archéologie préhistorique de la Méditerranée» salle de réception hôtel Riberach.
A 12h: déjeuner gastronomique (thème néolithique) au restaurant La Coopérative: 35 € (réservation au 0468503010) ; repas préhistorique au restaurant chez Pierre Le Figuier : 20 € (réservation au 0468845270).
A 14h, visites commentées gratuites du château-musée et exposition «Protohistoire de la Méditerranée, dans les pas de J. Guilaine».  Renseignements au château-musée au 0468 845555 ou musee.belestagmail.com ou site belesta.fr  Inscriptions aux repas uniquement par téléphone.

Rodès : Un chantier économique et écolo à dos d'âne

villages du roussillon, rodès, carvanigou, estelle devic, fabien boyer, philippe rhoua, ânePHOTO/Photos Philippe Rouah

Cette semaine, les ânes de "Caravanigou" ont monté vingt-deux tonnes de matériaux au chantier du château d'eau. Les hommes étaient plus fatigués que les bêtes.Broussaille, Deux tâches et Groseille ne ménagent pas leurs efforts. Les hommes qui les chargent et les accompagnent sur le chantier du château d'eau de Rodès non plus. "C'est plus dur pour nous que pour les bêtes", confie Fabien Boyer de Caravanigou qui a mis à disposition des ouvriers une ânesse, un poney et un mulet. Vingt-deux tonnes de matériaux sont charriées depuis quelques jours du village jusqu'au château d'eau, une centaine de mètres plus haut et quelque quatre cents mètres plus loin. "Il fallait absolument le rénover car il était en train de s'écrouler", explique Pierre Roméro, adjoint aux travaux. Un mur est ainsi monté pour doubler l'enceinte existante, la cuve intérieure sera ensuite mise en étanchéité et, pour finir, une dalle de béton sera coulée pour couvrir l'édifice. "L'accès étant difficile, trois opportunités s'offraient à nous : la location de brouettes à moteur thermique ou d'un hélicoptère pour monter le matériel. La première aurait dérangé les habitants à cause du bruit et la seconde était bien trop chère. Nous avons donc pensé aux ânes".

Les bêtes habituées aux chantiers

Ainsi, depuis plus d'une semaine, Fabien Boyer, de Baillestavy, a installé un campement en contrebas du village. Tous les jours, ses animaux montent parpaings, sacs de mortier et de sable jusqu'au chantier. Les outils plus conséquents comme les éléments d'échafaudage ou une bétonnière sont, quant à eux, montés à dos d'homme, comme dans les années trente lors de la construction du château d'eau. Si la beauté du paysage en haut les récompense de leurs efforts, ils souffrent davantage que les animaux. Les bêtes sont effectivement habituées à ce type de travail. "Toute l'année, nous participons à des restaurations de cabanes ou de sources en montagne dans des coins difficiles d'accès. Elles connaissent le bruit des engins et ne les craignent pas". Les ânes de Fabien Boyer montent également le sel pour les bêtes dans les estives et, pendant la période estivale, promènent des touristes sur les contreforts du Canigou. À Rodès, depuis quelques jours, ils font le bonheur des habitants qui n'hésitent pas à les gâter de friandises. La montée au chantier.