02/09/2014

Cassagnes : L'équilibre des vins et du terroir du domaine Modat

Philippe Modat a réussi son pari du côté de Cassagnes, faire des vins équilibrés, en écoutant et laissant vivre sa terre. Les pluies de l’été annoncent un bon cru 2014.

villages du roussillon, cassagnes, philippe Modat, domainePhilippe Modat et son fils Quentin.

Posé sur la hanche de la colline qui s’affaisse au-dessous du village de Cassagnes, le domaine Modat, créé en 2007, a depuis trois ans chaussé les bottes de sept lieues, au point de truster les récompenses. La dernière en date, une médaille d’or au Decanter World de Londres, pour sa cuvée rouge «Comme avant » 2011, soit 156 cuvées primées, sur 15000 dégustées, avec un trophée régional en sus, au sein des 156 vins primés. Mais encore une médaille d’or des vignerons indépendants pour son blanc «De-ci de-là» 2012 ; un 92/100 au guide Parker pour un autre blanc «Le plus joli» et une médaille d’or Grenache du monde pour son «Sans plus attendre» 2010.

Une pluie de récompenses aussi généreuse que les pluies de juillet et août, dont Philippe Modat, le patron du domaine, espère tirer la quintessence pour les prochaines vendanges : « Avec ces pluies, on a eu 73 mm d’eau en juillet et 49 en août. Je pense qu’on va arriver en 2014 à faire des vins légers, avec autant de puissance et d’arômes que les années précédentes. C’est un souhait ».

Une rigueur indispensable

Et Philippe Modat est loin d’être un rêveur, cet ancien magistrat formé à la rigueur des procédures pénales, sait se montrer patient, observateur, rigoureux, sur les 40 hectares de son domaine, dont 24 exploités en biodynamie, le reste en bois et en landes, afin de créer un écosystème. « J’ai touché le fond de mon incompétence en devenant vigneron. J’ai appris en écoutant les vignerons que j’appréciais et en me formant. Mais il y a une similitude entre la magistrature et la vigne, c’est la rigueur. Elle est indispensable pour arriver à de bons résultats. Et sur la rigueur, j’ai été à la bonne école. Toutes les étapes doivent être traitées rigoureusement, car l’échec de l’une d’entre elles peut détruire la précédente ».

La générosité du sol

Au domaine Modat le sol est généreux. Composé de gneiss, un sable granitique reposant sur une roche métamorphique, il l’est d’autant plus que la famille Modat a fait des choix culturaux forts. Ici pas de désherbant, la chair de la terre se retourne de plaisir sous la soc de la charrue. Un travail des sols qui favorise l’enherbement. Et les vins expriment leur joie par des arômes et une fraîcheur en bouche qui surprennent. « On essaye de garder un certain équilibre, tout en gardant le côté solaire et chaud. C’est là qu’est le challenge. C’est le terroir qui s’exprime, le sol, l’altitude, les écarts de température la nuit et le vent qui sèche », explique Quentin le fils de Philippe Modat.

« On est aidés par la nature et le terroir et on a plus qu’à accompagner la transformation du vin. On n’est pas interventionnistes, mais on contrôle », ajoute Philippe. « On ne cherche pas à faire des vins fondamentalement nouveaux. On veut d’abord faire des vins qui vont nous plaire. Tout ce qui m’a plu avant, m’a permis de me faire une idée du vin que j’aime. Et j’ai adapté mon idée théorique à mon terroir. Le maître mot c’est l’équilibre. Le terroir de gneiss nous donne des arômes, des goûts et des textures fines, donc on vinifie en finesse, pour faire des vins les plus équilibrés possible. C’est la philosophie du domaine ». Olivier Alvarado

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