26/04/2013

Bélesta : Quelle fête pour le musée !

A l'occasion des trente ans d' une formidable découverte archéologique sur la commune et des vingt ans de la création du château-musée, le village a connu l' effervescence des grands jours.

villages du roussillon,bélesta,grotte,chateau-musée,protohistorique,jc marquet,tarek kuteni,jean guilaineLe musée est le fruit d'une extraordinaire découverte. En effet, en mars 1983, les habitants, recherchant de l'eau pour leurs troupeaux, découvraient dans une grotte, une sépulture collective datée de - 4 500 avant J.-C. Fouillée par Françoise Claustre (directeur de recherche au CNRS), le site a livré aussi les restes de l'habitat des divers occupants de la grotte durant plus de 6 000 ans. C'est ainsi que huit mètres de sédiments ont conservé des témoignages de leurs activités (reliefs de repas, foyers, tissage, élevage, etc.).

Un plongeon dans la préhistoire

Aussi à l'occasion des trente ans de cette découverte, le week-end dernier, et des vingt ans du château musée, le village s'est trouvé en pleine effervescence. Un peu partout, des passionnés, des sympathisants ou simple archéologues en herbe. L'objectif était clair, il s'agissait de se plonger dans l'esprit et le monde de l'époque. Au programme donc, des jeux découvertes et un déjeuner "protohistorique". Aux manettes, le président J.-C. Marquet et le directeur du musée, Tarek Kuteni, mais aussi et surtout les passionnés de toujours : les bénévoles et professionnels qui font prospérer le site. Pour débuter cette journée de fête et plonger encore une fois dans le quotidien d'un homme de la protohistoire, un déjeuner de l'époque était proposé le samedi à midi. Cuisine à la mode préhistorique et dégustation façon Cro-Magnon. Fourchettes et couteaux étaient à proscrire. Au menu, cailles cuites dans un trou en terre, des légumes chauffent dans une marmite en terre cuite accompagnés d'hydromel et de bière, à quelques mètres une femme explique les outils et la manière de vivre à cette époque. Plus loin, un petit groupe se dirige vers la grotte pour écouter le guide leur expliquer la découverte et ses conséquences : "Bienvenue à Bélesta. Ici le temps s'est arrêté. Nous sommes dans la grotte préhistorique de la commune, non loin du château musée, dans les magnifiques paysages entre Agly et Têt". La célébration de cet anniversaire s'est poursuivie, l'après-midi, autour du musée et dans tout le village avec des ateliers préhistoriques, pour vivre le quotidien de cette époque : taille de silex au travers du temps ; allumage du feu, sans allumettes ni briquet ; céramique : fabrication ; chasse au trésor : initiation à la chasse préhistorique ; parure préhistorique : réalisation de bijoux, de vêtements.

Une saga de plus de vingt ans.

La fabuleuse histoire de la saga du musée a débuté en 1993. Créé, à la suite de la découverte de la grotte, dans l'objectif de promouvoir et de sensibiliser tous les publics à l'histoire du site et à la préhistoire en général, mettant en scène de manière ludique et esthétique les découvertes archéologiques, installées dans l'ancien château médiéval du village qui a fait portes ouvertes et gratuites ce week-end pour découvrir sa nouvelle exposition de Jean Guilaine (ci-dessous à droite), archéologue de la protohistoire "Des pays de l'Aude à la Méditerranée". Il y avait du monde, beaucoup de monde, le lendemain, à l'occasion de la conférence "Archéologie de la Méditerranée néolithique" par l'archéologue reconnu internationalement, Jean Guilaine, pour ses travaux et ses publications, l'homme qui a donné ses lettres de noblesse à la période néolithique, cette mutation capitale dans l'histoire humaine.
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19/04/2013

Bélesta : A l’occasion des 20 ans du musée ce week-end, son directeur, J.-C. Marquet, revient sur ces deux décennies passionnantes

villages du roussillon,bélesta la frontière,jean claude marquet,musée de bélesta,f.p. vialaneixJ.-C. Marquet devant la photo de la grotte de Bélesta découverte en 1983. Une photo exposée au musée comme les nombreux ossements ou poteries d’époque.

Jean-Claude Marquet est le directeur du musée depuis 2011. A 74 ans pile-poil, ce Ballestruc de souche (« je suis le dernier produit de Bélesta d’avant-guerre ») aux moustaches tourbillonnantes a hérité de la passion de son... fils pour l’archéologie. «Jean-François avait 14 ans quand l’équipe de Françoise Claustre s’est intéressée à notre grotte. Il y est reste jusqu’à ses 21 ans. Chaque moment libre, il était occupé à fouiller ». Du coup, Jean-Claude allait le chercher, regardait le travail des archéologues, était en contact avec eux et c’est comme ça «que mon fils m’a transmis sa passion ». Alors le jour où, en 2001, il a été question pour la commune de reprendre les choses en main (voir par ailleurs), on a fait appel à J.-Claude, retraité des douanes. Et l’aventure perdure depuis !

Jean-Claude, pouvez-vous nous raconter la genèse de la découverte de la grotte?

L’aventure commence en mars-avril 1983 lors de la découverte de la grotte dans le massif calcaire, route de Montalba, par les habitants du village. La municipalité de l’époque et le maire Louis Baills demandent aux spéléologues du Conflent d’explorer la grotte. Ils creusent une première fois et tombent sur des salles où ils trouvent quelques ossements. On fait alors appel à Françoise Claustre* pour qu’elle donne un avis scientifique sur cette mise à jour.

«Double intérêt scientifique»

Au vu des découvertes qui ont été réalisées à Tautavel quelques années auparavant, elle n’est pas particulièrement enthousiasmée. Les spéléologues continuent à creuser (plus ils descendaient et plus ils remontaient dans le temps) et aperçoivent une sorte de chatière qui les amènera à trouver une sépulture collective datée de - 4 500 avant JC qui se trouvera être la plus ancienne tombe collective du Midi. On remontera alors plusieurs poteries et des ossements correspondants à 32 individus jeunes, parfois très jeunes même si l’espérance de vie à l’époque n’était que de 40 ans. Il y a donc un double intérêt scientifique à cette découverte: la première est qu’effectivement c’est la plus ancienne tombe communautaire en grotte du Languedoc-Roussillon au tout début du Néolithique et qu’avec les 8 mètres de sédiments qui ont été retirés, on sait que la grotte a été occupée du Néolithique au Moyen âge.

Comment réagit alors la population?

On est euphorique. Surtout qu’à cette époque-là, il faut savoir que la viticulture ne se porte pas bien. Qu’ici c’est essentiellement un bassin de viticulteurs et qu’on voit bien l’intérêt pour Bélesta d’avoir fait ce type de découverte. Mais à cette époque, tout ce fabuleux trésor est stocké dans une salle de l’école, parfois à même les cartons. Suite aux recommandations de la DRAC, le maire décide de le garder à Bélesta et acquiert l’ancien château médiéval. Des travaux de réhabilitation sont lancés en 1988 (pour 1,8 M€ financés par l’état, les collectivités locales et le village) et le 27 juin 1992, le musée ouvre ses portes au public.

Et plus de 20 ans après, vous fêtez ça.

Et comment. On fait quand même venir LE spécialiste du néolythique J. Guilaine. D’autres animations viendront égayer ce week-end comme la visité gratuite du musée, le repas et des animations préhistoriques... (voir encadré). Recueilli par F.-P. Vialaneix

« Ce serait dommage de fermer le musée »

De 1992 à 1996, le musée est géré par l’Association pour la sauvegarde et la valorisation de Bélesta (présidée par Y. Biles). De 1996 à 2001, le 2e gestionnaire est le Pôle d’économie du patrimoine de la Vallée de la Têt (EPIC) qui a aussi la gestion des orgues d’Ille, du musée de St-Michel-de-Llotes, de la tour de parfum de Mosset... En 2001, devant la difficulté financière de ce Pôle («un trou de 800 000 euros») la sous-préfète de Prades, Mme Bidegain, convoque les différents maires composant l’EPIC et leur demande de reprendre en main les différents sites. Les municipalités comblent le trou au prorata du nombre des habitants et créent des régies municipales pour chaque site.

Sauf pour Bélesta. «A l’époque, Henri Demay alors maire d’Ille, me propose de monter une association pour avoir des subventions et le maire de Bélesta, à l’époque Gilbert Bourniole me demande de m’en occuper. Ce que j’accepte de faire avec l’archéologue Valérie Porra-Kuteni qui m’aide alors à monter les dossiers et à les défendre. Depuis, chaque année, je me fais des cheveux blancs car pour faire tourner ce musée, il faut un budget de 100000 euros. Si le conseil général nous en octroie une grande partie (avec aussi l’aide de la Région, de la DRAC et de Pays d’arts et d’histoire de la Vallée de la Têt), il faut se battre pour être à flot. Car le jour où nous ne pourrons plus, ce serait vraiment dommage de fermer un tel site... ». A bon entendeur ! 

Programme de ce week-end préhistorique, samedi 20 et 21 avril, au château-musée.

Samedi, A 12h, repas expérimental préhistorique devant la grotte (réservation indispensable): participation 25 €. A 14h, visites commentées de la grotte préhistorique.
A 15h30, animations préhistoriques (démonstrations) salle polyvalente du village. Visites libres gratuites au château-musée.
A 18h, dégustation et visite du chai Riberach: participation 5 €.
A 20h : repas gastronomique (thème néolithique) au restaurant La Coopérative: 55€€ (réservation au 0468503010) : repas préhistorique au restaurant chez Pierre le Figuier: 25 €(réservation au 0468845270).

Dimanche A 10h30, conférence par J. Guilaine «Archéologie préhistorique de la Méditerranée» salle de réception hôtel Riberach.
A 12h: déjeuner gastronomique (thème néolithique) au restaurant La Coopérative: 35 € (réservation au 0468503010) ; repas préhistorique au restaurant chez Pierre Le Figuier : 20 € (réservation au 0468845270).
A 14h, visites commentées gratuites du château-musée et exposition «Protohistoire de la Méditerranée, dans les pas de J. Guilaine».  Renseignements au château-musée au 0468 845555 ou musee.belestagmail.com ou site belesta.fr  Inscriptions aux repas uniquement par téléphone.

16/08/2012

Rodès : Exposition de photos du village d'antan

L'office de tourisme situé au Mas de Madame, carrefour RN 116/D16 à l'entrée du village, entre le Col Saint-Pierre et le Col Ternère , vous invite à découvrir dans son salon, une très belle exposition de photos sur Rodes d'antan, ainsi qu'a la présentation des magnifiques oeuvres picturales signées par l'artiste contemporain Jean-Luc Février. Un rendez-vous à ne pas manquer !

15/08/2012

Rodès : Exposition de l'Atelier de peinture

L'Atelier rodesien de peinture, (espace Guy-Nereau) place Major, expose ses oeuvres de l'année les 15 et 16 août ouverture du salon de 15 h à 19 h.